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Lorsque je suis tombée enceinte, je me doutais que les choses seraient différentes. Je savais que mon rapport à mon corps allait changer, même si je n'imaginais pas encore à quel point, et je savais que le regard des autres sur moi changerait également. En revanche, je ne m'étais pas préparée à être dépossédée de mon propre corps si puissamment, sans que personne n'en soit étonné. 

Ça a débuté très tôt, dès le deuxième trimestre en réalité, lorsque mon ventre a commencé à se voir. Tout le monde a voulu le toucher. Je m'attendais à ce que ça arrive, de la part de ma famille, de mes amis proches, mais j'ai été surprise de constater que même les collègues de travail ou les parfaits inconnus ressentaient ce besoin visiblement irrépressible de toucher le ventre de la femme enceinte. Le pire n'étant sans doute pas leur envie de le faire, mais bien le fait qu'ils tendent la main pour la poser d'office sur mon ventre, sans demander la permission, comme s'ils en avaient le droit. Si j'ai la première fois été simplement surprise, les fois suivantes j'ai ressenti une immense colère et l'envie de tendre la main, moi aussi, pour toucher les seins ou l'entrejambe de la personne qui se croyait autorisée à poser les mains sur moi. Comme on s'en doute, je ne l'ai jamais fait. 

Je ne me doutais pas que porter mon enfant ferait de mon corps une propriété publique. Tout le monde, subitement, se sent autorisé non seulement à l'observer avec insistance, à le toucher, mais aussi à commenter mes moindres faits et gestes. J'ai eu droit à des remarques sur ce que je buvais, ce que je mangeais, la façon dont j'étais assise ou dont je me tenais debout, sur les kilos pris pendant ma grossesse... Le tout de façon pas toujours subtile, sous la forme de réflexions qu'on ne se permettrait jamais de faire à quelqu'un d'autre. Oui, il est normal de grossir pendant la grossesse. Est-ce qu'on a pour autant envie de s'entendre dire de but en blanc : "Ah ouais en effet, t'es énorme !" ? Spoiler : non. C'est sans doute lancé sans animosité, comme une plaisanterie, et pourtant c'est blessant malgré tout. D'autant que la susceptibilité et le manque de confiance en soi sont souvent exacerbés durant cette période. 

Ce qui m'a le plus perturbée a été le comportement de ma belle-sœur, que j'adore pourtant, qui s'est un soir assise à côté de moi sur le canapé et qui a soulevé mon tee-shirt pour embrasser mon ventre. J'avais pourtant plusieurs fois fait remarquer que j'étais déjà gênée par le fait qu'on le touche, et que ça, bien-sûr, me gênait encore plus. Ce qui ne l'a pas empêchée de continuer. Pourtant c'est terriblement déplacé ! Comment est-ce que les gens peuvent ne pas s'en rendre compte ? Certes, il y a mon fils à l'intérieur, donc son neveu... Mais pour l'instant, ce n'est pas le bébé qu'elle embrassait, c'était mon corps ! Le fait d'être enceinte ne me rend pas brusquement plus encline à me faire toucher, moi qui suis en temps normal une personne très peu tactile, déjà mal à l'aise avec le contact physique. 

Le plus difficile, c'est sans doute de commencer par expliquer plusieurs fois, calmement, que non, je ne veux pas qu'on me touche le ventre, je ne veux pas qu'on l'embrasse non plus, et non je n'ai pas envie d'envoyer des photos de mon ventre à mes proches pour qu'ils voient l'évolution comme si j'étais subitement devenue une bête de foire. Parce que c'est presque toujours la même réaction, on me regarde comme si j'exagérais, l'air de se dire que, vraiment, je pourrais faire un effort !

Durant neuf mois, mon corps a changé d'une façon que je n'imaginais même pas envisageable. Du jour au lendemain, tout un tas de choses me sont devenues purement interdites, en termes d'activité physique ou d'alimentation. Peu à peu, mes mouvements sont devenus compliqués, et je n'ai plus jamais été seule. Dès que le bébé a commencé à bouger, à grandir aussi, certaines positions n'étaient plus envisageables, je ne peux plus dormir comme je veux, marcher comme je veux, m'asseoir comme je veux, ses coups me réveillent quand je voudrais dormir, se font attendre quand je m'inquiète qu'il n'ait pas bougé depuis longtemps... Le fait de devoir partager mon corps avec ce petit être, aussi magique que ce soit, est déjà une expérience compliquée, magnifique mais difficile. Alors non, je n'ai pas en plus besoin de le partager avec le reste du monde. 

Ce qui m'effraie, c'est que sous prétexte que je porte notre enfant, tout le monde doit être autorisé à me voir, me toucher, me donner des conseils... Et j'ai peur, vraiment, à l'idée que le comportement des gens soient le même avec le bébé. Bien-sûr, j'ai hâte que notre famille et nos amis le voient, pour autant je n'ai pas envie que tout le monde le touche, l'embrasse, le trimbale de bras en bras contre son gré pour le plaisir, sans se soucier du fait qu'avant d'être un bébé mignon, c'est surtout un être-humain. Même si les enfants sont dépendants de nous, ils ont eux aussi propriétaires de leurs corps, et on ne devrait pas les obliger à subir des contacts dont ils n'ont pas envie. Une fois encore, c'est un bébé, pas une bête de foire. 

Peu importe à quel point vos intentions sont bonnes, le corps d'une femme enceinte n'est pas là en libre-service pour satisfaire votre curiosité ou vos élans de tendresse. Et oui, le fait de vouloir le caresser part sans doute d'une très bonne intention, pour montrer votre affection, mais vous ne devriez jamais le faire sans demander la permission, et surtout vous ne devriez pas avoir le droit d'insister ou de vous offusquer lorsqu'on refuse. 

Voilà, à quatre jours du terme, je crois qu'il était temps que ça sorte !

Quand ton corps ne t'appartient plus


Depuis que nous avons déménagé à la montagne, il y a presque deux ans, mes trajets pour aller travailler sont terriblement longs. Les transports en commun ne sont pas une option par chez moi, et je passe trois heures par jour au volant. C'était une très grande frustration pour moi qui considérait ces heures comme une pure perte de temps, jusqu'à ce que je découvre l'univers merveilleux des Podcasts. C'est devenu incontournable pour moi aujourd'hui, si tu suis un peu le blog tu auras d'ailleurs peut-être remarqué qu'il y a une page dédiée ici, dans laquelle je partage mes Podcasts favoris. Aujourd'hui, j'ai envie de te donner toutes les bonnes raisons qui devraient te pousser à vouloir découvrir l'univers des Podcasts.

Ils sont disponibles quand tu veux

La différence entre un Podcast et une émission de radio en direct, c'est que tu peux sélectionner les Podcasts de ton choix, les télécharger pour qu'ils soient disponibles hors-ligne, et les écouter absolument quand tu veux. Il n'y a pas de restriction d'horaire, ni même de lieu puisqu'une fois téléchargé, la connexion internet n'est plus un problème. Aujourd'hui, il y a en plus des tas d'émissions de radio qui proposent la rediffusion sous le format de Podcast, pour moi qui passe par des routes de montagne où on ne capte pas la radio, c'est vraiment génial de pouvoir quand même suivre ce genre de choses. 

Ils offrent une diversité dingue

Aujourd'hui, il existe des Podcasts sur tous les sujets, il suffit de se renseigner. Moi qui ai des goûts très éclectiques, j'écoute aussi bien des Podcasts sur les faits de société que sur la parentalité, la santé, des émissions humoristiques, des récits de voyage, etc. Il existe des Podcasts sur le cinéma, la littérature, l'économie, certains qui sont très multi-sujets aussi. Et avec cette diversité, il est impossible de ne pas en trouver au moins un qui t'intéresse. Pour ma part, j'ai plutôt le problème inverse, il y en a tellement que j'ai envie d'écouter que la liste s'allonge et que mes trois heures de trajet par jour ne suffisent plus pour me tenir à jour !

Ils permettent d'être multitâches

C'est peut-être particulièrement vrai pour moi étant donné que je passe beaucoup de temps sur la route, mais je crois que globalement on a tous régulièrement l'impression de manquer de temps. J'aime beaucoup le fait de pouvoir rendre enrichissante une activité au départ ennuyeuse ou rébarbative. Aussi, j'écoute des Podcasts quand je conduis, mais aussi quand je cuisine, quand je fais le ménage, quand je vais simplement marcher toute seule ou quand je fais ma séance de sport. L'impression de faire deux choses à la fois, et d'apprécier ce que j'entends surtout, rend les « corvées » bien plus supportables !

Ils peuvent être très instructifs

Grâce aux Podcasts, j'ai pu m'intéresser à des sujets auxquels je n'aurais jamais pensé auparavant. Je me plains toujours de n'avoir jamais le temps de me tenir au courant des informations par exemple, et souvent ce qui passe sur les chaînes nationales me déplaît de par la façon dont les choses sont présentées. Il y a aujourd'hui des tas de Podcasts qui abordent l'actualité différemment, et de façon condensée. Mais j'ai aussi découvert des Podcasts de vulgarisation scientifique, par exemple, moi qui ait toujours trouvé les sciences très difficiles à aborder, c'est un moyen de comprendre ces sujets d'une manière plus intuitive. 

Ils sont une source de motivation

C'est sans doute ce qui m'a le plus surprise, lorsque j'ai commencé à écouter des Podcasts. Étrangement, moi qui n'ait jamais été attirée par l'entrepreneuriat, j'ai découvert que c'étaient les Podcasts traitant de ce sujet qui me motivaient le plus. Des émissions telles que La Poudre, par exemple, dans lesquelles des femmes entrepreneures sont interviewées, ou encore sur une autre thématique Sois gentille, dis merci, fais un bisou, ou Nouvelle Ecole. Les invité.e.s y sont terriblement inspirants, et quand j'écoute ces émissions le matin avant d'aller bosser, j'ai l'impression de pouvoir faire absolument tout ce dont je rêve. A l'inverse, si je les écoute le soir après une journée difficile, je suis immédiatement reboostée. 

Et toi, est-ce que tu écoutes des Podcasts ? Comme je suis toujours avide de découvertes, n'hésite pas à partager tes favoris !





5 bonnes raisons d'écouter des Podcasts


Le congé maternité m'offre le temps de beaucoup de lecture, et j'ai entendu parler de ce livre dans le podcast « Grand bien vous fasse » qui traitait de la charge mentale. Non seulement c'est un sujet qui est grandement d'actualité ces derniers temps, mais je me sens d'autant plus concernée depuis le début de ma grossesse... Parce que mon homme a beau me soutenir, il n'en reste pas moins que c'est à moi de penser à tout. Et quand on sait tout ce à quoi il faut penser pour accueillir un enfant, on en a rapidement le vertige. 

La promesse de ce livre ? Permettre d'identifier et de repérer la charge mentale et nous aider à trouver des solutions pour ne pas se laisser déborder

Qu'est-ce que la charge mentale ? 

Le livre définit la charge mentale comme « le fait de devoir penser à un domaine alors qu'on se trouve physiquement dans un autre ». Ce n'est pas uniquement le fait de cumuler à la fois les tâches de la maison, de la famille et du travail, par exemple. C'est le fait de devoir penser à tout ça, constamment, peu importe l'endroit où l'on se trouve. 

Dans mon couple, par exemple, je ne peux pas dire que le partage des tâches n'est pas équitable. Je m'occupe de la cuisine tandis qu'il met la table et la débarrasse. Je m'occupe du linge et il se charge de la vaisselle. Je passe l'aspirateur, lui la serpillière, etc. Malgré tout, toute cette organisation me revient, à moi et à moi seule. Qu'il s'agisse de devoir lui demander de passer la serpillière, par exemple, ou bien de noter nos rendez-vous à tous les deux, de m'assurer qu'on a bien payé les factures, planifier les prochaines courses, réfléchir aux menus de la semaine, etc. 

Le concept est devenu très connu suite à la BD réalisée par Emma, « fallait demander ». Je vous mets le lien par ici, il vaut vraiment le coup d’œil pour comprendre ce dont il s'agit. Finalement, la charge mentale c'est le fait de devoir toujours penser à tout. 

Le livre

Ce livre a été écrit par Aurélia Schneider, une psychiatre spécialisée dans les psychothérapies comportementales et cognitives. Elle introduit le roman par d'intéressantes leçons d'histoire qui permettent de définir la charge mentale, en retraçant son historique à travers les années. Le prologue nous permet d'ailleurs de voir qu'il en était déjà question à l'époque où a été écrite l'introduction du Kama-sutra, au IIe siècle !

L'auteure explique, entre autres choses, qu'une partie du problème vient d'une époque où la femme n'était que très rarement présente dans le milieu professionnel. Tout ce qu'elle pouvait faire au sein du foyer n'étant pas rémunéré, son travail pourtant bien réel était fortement dévalorisé par rapport à celui de son mari. En fait, on n'accordait que peu de crédit au travail domestique. Aujourd'hui, Dieu merci, les femmes qui le souhaitent peuvent travailler comme elles le veulent, néanmoins elles restent malgré tout en charge du foyer. 

Ensuite, l'auteure tente de décrypter les différentes choses qui peuvent engendrer le phénomène de la charge mentale, ainsi que ses manifestations physiques. Le livre entend nous aider à détecter la charge mentale pour en venir à bout. Parmi les différents symptômes, elle cite notamment : une fatigue excessive, des troubles du sommeil, une forte émotivité, etc.

Enfin, et c'est ce qui m'intéressait lorsque j'ai acheté ce livre, elle consacre toute une partie aux solutions que l'on peut mettre en place. Je ne vais pas les lister, ce serait voler le travail de l'auteure, mais il y a quand même un point particulier qui m'a interpellée. Elle appelle ça la « décentration dans le temps ». On a toujours un millier de choses à faire, et personnellement j'ai toujours l'impression que le monde va s'écrouler si je ne les fais pas. L'idée ici, c'est de prendre une tâche en particulier, et de se demander : quelle importance est-ce que cela aura dans 5 ans ? Par exemple, enceinte, je voulais absolument lessiver les portes de toute la maison avant l'accouchement, mais je n'ai jamais trouvé le temps ni l'énergie de le faire parce que rester debout ou pire accroupie me fait un mal de chien. Et ça m'angoissait pour de bon. Et puis je me suis demandée, quelle importance est-ce que ça aura, en 2023, que j'ai lessivé les portes ? Aucune importance. Alors je lâche du lest. Le bébé ne va pas mourir si les portes n'ont pas été lessivées, ma maison est propre quand même !

Alors bien-sûr,  il ne s'agit pas de dire qu'on ne passera plus jamais l'aspirateur de sa vie. Seulement est-ce que, vraiment, si cette semaine on décide de ne pas le faire, par manque de temps, ça aura une incidence grave sur le quotidien ? 

Mon avis

J'ai trouvé ce livre particulièrement bien conçu, le découpage est intéressant parce qu'on y parle vraiment des origines de la charge mentale, de la répartition des tâches, etc. 

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est le fait qu'il propose des solutions réelles, des exercices pratiques à mettre en place pour se libérer du quotidien. Tout ne m'a pas convaincue, certains conseils m'ont laissée dubitative mais je suis parvenue à trouver mon bonheur en piochant parmi les solutions proposées par l'auteure. 

Le tout dernier chapitre traite notamment spécifiquement de la charge mentale au sein du couple, en faisant une synthèse globale du reste du livre mais en proposant des solutions propres au fonctionnement d'un couple. 

C'est un ouvrage intéressant, non seulement pour les solutions qu'il propose mais aussi pour tout l'aspect historique et scientifique qu'il apporte, et qui est trop souvent mis de côté lorsqu'il s'agit de charge mentale.




La charge mentale des femmes... Et celle des hommes


Je te racontais mon premier trimestre de grossesse dans cet article, et le second dans celui-ci. Je crois qu'il est grand temps de faire le bilan de ce dernier trimestre de grossesse !

Contrairement à ce à quoi je m'attendais, c'est une période que je vis assez mal.  Si tu as lu mon article sur le mummy blues, tu t'en doutes déjà. Notamment, en fait, parce que j'ai beaucoup de mal à accepter la façon dont mon corps change. Je ne suis pas parvenue à enrayer la prise de poids entamée au deuxième trimestre, et si je ne me goinfre pas à longueur de journée, je n'arrive pas à faire particulièrement attention. Le résultat, c'est que les kilos continuent de s'accumuler, et que mon corps continue de gonfler. C'est réellement l'impression que j'ai, celle d'enfler d'un peu partout, du visage, des bras, des jambes. Je bénis l'arrivée des beaux jours parce que les pantalons de grossesse achetés en taille 38 ne me vont malheureusement plus. 

Il faut savoir que je bois, depuis des années maintenant, au moins 2 litres d'eau par jour. En plus de ça, j'ai commencé à me tartiner d'huile d'amande douce matin et soir dès que j'ai su que j'étais enceinte. Et pourtant malgré tous mes efforts, ma peau a craqué. A l'heure où j'écris ces lignes, je n'ai aucune vergeture sur le ventre. En revanche, les lignes violacées sont apparues sur mes fesses, l'intérieur et le haut de mes cuisses, ainsi que mes hanches. Elles ne sont pour l'instant pas très longues, ni très épaisses, mais de nouvelles apparaissent régulièrement et j'ai vraiment peur qu'elles s'élargissent avec le temps, ou après l'accouchement. C'était donc vrai, peu importe ce que tu fais, si la peau doit craquer, elle craquera. 

Plus le temps passe, plus je pense à ce à quoi mon corps va ressembler après l'accouchement et j'ai vraiment peur de ne pas parvenir à l'aimer ainsi. 

J'ai dû arrêter complètement le sport, dès la fin du mois d'avril il m'est devenu impossible de faire quoi que ce soit. Même le vélo elliptique était douloureux. En fait, si je reste debout un peu trop longtemps, j'ai la sensation que le bébé pèse très bas, mon ventre devient dur, tout me tire et j'ai atrocement mal. Il s'avère que le bébé a décidé de se reposer entièrement sur mon côté gauche, et malgré les séances d'ostéo il refuse de bouger. J'ai donc tout le poids qui pèse d'un seul côté et des douleurs intenses du côté gauche, dans l'aine et la cuisse. En réalité même la position assise devient inconfortable au bout d'un moment, je ne me sens réellement bien que lorsque je suis allongée. En plus de ça, je me suis récemment bloqué le bassin en tentant de soulever un carton, j'ai été incapable de bouger pendant deux jours jusqu'à ce que l'ostéo me décoince. J'ai toujours très mal mais au moins je peux me déplacer !

Pour ce qui est de mon humeur, je dois dire qu'elle oscille beaucoup. Le fait de ne plus pouvoir faire les activités que je veux, de devoir passer la plupart de mon temps allongée sur mon lit, de ne pas pouvoir m'habiller comme je veux, d'être sans cesse fatiguée, d'avoir mal un peu partout... Ajoutez à ça l'impatience de rencontrer enfin mon bébé, et surtout l'angoisse grandissante à mesure que la date fatidique approche. Je crains l'accouchement, autant que je crains ce qui viendra après. Et pourtant je meurs d'envie que cette grossesse prenne fin, j'ai la sensation de ne plus en voir le bout. Je passe mon temps à rêver du moment où je pourrais enfin reprendre le sport, sortir de chez moi, me réapproprier mon corps, mais surtout commencer ma vie de maman. 

Malgré tout il y a quand même des avantages à cette fin de grossesse ! 

J'ai adoré préparer la chambre de bébé, faire attention à tous les détails, commander la décoration, laver ses vêtements pour les ranger dans les placards... On m'a donné énormément de vêtements pour bébé ce qui fait que je n'ai presque rien acheté, et j'ai vraiment hâte de pouvoir l'habiller avec tout ça ! J'ai également préparé ma valise pour la maternité, en tout cas pour l'essentiel, il ne manque que les choses qu'on rajoutera dedans à la dernière minute. 

Les coups de bébé sont maintenant devenus douloureux, et pourtant c'est sans doute ce qui me dérange le moins. J'adore le sentir bouger, cette sensation de connexion particulière entre nous. Il a déjà ses habitudes, il bouge toujours aux mêmes heures, certaines positions lui déplaisent, etc... Et ça me donne l'impression de le connaître déjà un peu. 

En plus de ça, s'il était en siège jusque là, il s'est enfin mis dans la bonne position, ce qui me libère d'une angoisse quant à l'accouchement ! 




Troisième trimestre de grossesse


S'il y a bien un phénomène qui n'échappe à personne et contre lequel tout le monde te met en garde, c'est le baby blues. Cette déprime post-accouchement qui touche un grand nombre de femmes, à laquelle on s'attend et dont tout le monde parle. En revanche, enceinte, ton entourage, les médecins, le monde entier s'attend à ce que tu sois heureuse, épanouie, reconnaissante de ce cadeau merveilleux que te fait la vie. On s'évertue à te répéter que c'est la plus belle période de ta vie et qu'il faut profiter de chaque instant, qu'un miracle est en cours et qu'il ne faudrait surtout pas sous-estimer sa chance.

Pourtant, dès le premier trimestre de ma grossesse, j'ai connu une grosse déprime que je pensais uniquement due aux hormones. Les nausées constantes, la fatigue permanente, la peur de l'inconnu aussi ont fait que je me suis retrouvée en larmes presque tous les jours durant deux mois, avant qu'enfin la vague ne passe. Naïve, je me pensais sauvée, et pourtant une tristesse bien plus grande encore s'est emparée de moi aux alentours du huitième mois. 

Ce phénomène dont personne ne parle, j'ai pourtant découvert en cherchant des témoignages sur internet qu'il avait un nom, le mummy blues, et qu'il touchait environ 13% des femmes enceintes en France. Je ne suis malheureusement pas parvenue à en apprendre beaucoup plus. On conseille d'en parler, de porter des couleurs vives, de sortir de chez soi et de bien s'alimenter ou peut-être de se faire suivre par un psychologue, mais c'est tout. Et devant le manque incroyable de conseils je me suis soudain sentie terriblement seule et démunie face à cette épreuve. 

Bouleversements physiques

Être enceinte, c'est voir son corps changer drastiquement en un temps record. Je le savais, j'étais consciente des changements qui risquaient de s'opérer, et pourtant sans trop savoir pourquoi j'ai cru que je passerais entre les gouttes, ou bien que ça ne me toucherait pas. Comment quelques mois de désarroi pourraient-ils me détourner du bonheur indicible de porter la vie ? Je sais pourtant que certaines femmes vivent très bien la grossesse, mieux encore elles adorent cet état, en témoigne la blogosphère d'ailleurs ! Elles se sentent belles, épanouies, radieuses dans ce corps en changement.

Mais ça n'a jamais été mon cas. A ce stade de la grossesse, j'ai pris vingt kilos. Pour moi qui ai toujours été plutôt bien dans ma peau et surtout très sportive, ç'a déjà été un choc de voir que tous mes vêtements étaient devenus trop serrés. Le plus déroutant, c'est l'interdiction tacite de se plaindre. On te répète que grossir, enceinte, est parfaitement normal, que ce n'est pas grave, qu'on perdra les kilos après l'accouchement et surtout qu'on aura bien d'autres choses dont se soucier une fois que le bébé sera là. 

Il n'empêche que pour l'instant, bébé n'est pas là. Je sens ses coups, pourtant, sa présence au creux de mon ventre, mais rien à part l'impatience ne détourne mon attention de ce corps que je ne reconnais plus. La rétention d'eau a fait gonfler mes jambes, j'ai la sensation d'avoir le visage bouffi quand bien même on m'assure que ce n'est pas le cas. Avec elle, la cellulite qui jusqu'alors m'était quasiment inconnue a fait son apparition. Mes cuisses sont striées de vergetures violacées malgré l'huile que j'applique méticuleusement matin et soir depuis le premier jour de ma grossesse, et celles-ci semblent se multiplier au fil des jours. Leur vision m'horrifie parce que je sais déjà que seul le laser pourrait en venir à bout. 

Mais surtout, j'ai l'impression que mon corps me fait défaut. On me répète qu'il est fort, miraculeux puisqu'il porte la vie, mais c'est moi qu'il a du mal à porter. Le positionnement du bébé, depuis plusieurs semaines, me donne d'énormes douleurs à l'aine malgré plusieurs manipulations chez l'ostéopathe. Mon dos me fait souffrir lorsque je reste assise trop longtemps, mais aussi lorsque je reste debout trop longtemps. Chaque mouvement tient de la lutte : se lever, s'allonger, s'asseoir, se tourner dans le lit, sortir de la voiture. 

Bouleversements psychologiques

A ça s'ajoute, surtout pour moi qui ai toujours été très angoissée, le travail de sape des hormones et toutes les préoccupations qui entourent la grossesse et la maternité. 

La fatigue constante est revenue, faire le ménage ou aller récupérer un drive m'épuise et je pourrais passer le plus clair de mon temps à dormir, d'autant que les douleurs ne m'aident pas. Mais forcément, avec la fatigue vient l'envie de ne rien faire. Alors que je devrais profiter des dernières semaines pour sortir encore et voir mes proches, je n'ai envie que de rester roulée en boule sous ma couette jusqu'à ce que mon chéri rentre le soir. Et pourtant, de façon très paradoxale, je déteste le fait d'être inactive et je passe mon temps à rêver du jour où je pourrais enfin reprendre le sport, me déplacer sans être en souffrance. 

Et puis bien-sûr l'approche de l'accouchement est terriblement angoissante. J'ai une peur bleue que de l'épisiotomie ou de la déchirure, ou de subir une césarienne d'urgence. J'ai peur de la douleur des contractions, que je ne connais pas. Comme nous habitons à 1h de route de la maternité, j'ai peur qu'on soit pris au dépourvu, que chéri soit au boulot quand le travail commencera et que le temps qu'il rentre, on n'ait pas le temps de descendre. Mais plus encore j'ai peur pour mon bébé, d'éventuelles complications, que les choses se passent mal ou de ne pas parvenir à m'en occuper à la naissance. Je suis sans doute encore très naïve mais je n'ai pas peur de ne pas créer de lien pourtant, j'ai cette certitude que je l'aimerais au premier regard... Certitude que je devrais savoir ridicule quand on lit tous les témoignages de celles pour qui ce n'était pas le cas. 

On n'en parle pas très souvent non plus, mais le couple est également bouleversé. Si la grossesse nous rend plus complices, elle change aussi beaucoup de choses. A ce stade, je suis trop fatiguée et j'ai trop mal pour les rapports, et si mon chéri ne s'en plaint pas c'est quelque chose qui manque malgré tout. Je me sens coupable de lui faire subir ma fatigue, ma tristesse et mes sautes d'humeur, de ne pas parvenir à mieux gérer les choses aussi...

Je n'écris pas ce post pour dramatiser ou effrayer les futures mamans ou celles qui voudraient l'être, mais plutôt parce que dans ces moments-là il est trop douloureux de croire que la grossesse est forcément une période d'épanouissement personnel et que nous ne sommes pas normales. Non, la grossesse n'est pas toujours bien vécue. Et ça ne m'empêche pas d'aimer déjà mon fils et d'avoir terriblement hâte de le rencontrer, et surtout de ne regretter en rien cette décision de devenir parents. Mais je suis impatiente que tout ça prenne fin, parce que je n'aime pas cette période transitoire durant laquelle je me sens comme perdue, en quête d'une identité nouvelle que je ne pourrais pas trouver avant d'avoir accouché. 



Ce mummy blues auquel je ne m'attendais pas


Niçoise depuis toujours et gourmande invétérée, j'ai eu le temps de tester un grand nombre des restaurants qu'offre cette ville magnifique. Entre les lieux trop bondés qui ne sont que des attrape-touristes, ceux qui sont pleins mais méritent bien leur réputation et les coins plus difficiles à trouver, je vous partage aujourd'hui une petite sélection des bonnes adresses pour manger à Nice, de préférence sans se ruiner ! 

♡ La femme du boulanger 

C'est un coup de cœur tout récent puisque je l'ai découvert ce mois-ci. Il est situé sur la zone piétonne, un coin très touristique, et pourtant perdu entre d'autres enseignes bien plus tape à l’œil c'est une véritable petite pépite. Il est ouvert matin, midi et soir, et on y sert aussi bien des brunchs que d'énormes tartines de pain cuit au feu de bois absolument délicieuses. Le brunch est copieux et très varié, quant aux tartines servies le midi ou le soir elles sont terriblement bien préparées et originales. Tout est fait maison, les desserts sont excellents et on s'en sort avec un plat et une boisson pour moins de 20€ par personne. En plus, la rue est très charmante et les soirs d'été des musiciens viennent égayer le repas. 

Où ? 3 rue Raffali, Nice

♡ Lal Qila 

Les restaurants indiens ne manquent pas en ville, et comme mon chéri et moi en raffolons on en a testé des tas ! Mais on revient toujours vers celui-ci. Il est situé au port de Nice, pas idéalement placé, honnêtement vous n'aurez pas une jolie vue sur la mer et vous aurez sans doute même un peu de mal à trouver une place gratuite pour stationner... Le restaurant en lui-même est décoré de façon ultra kitsch mais l'accueil y est exceptionnel. Et surtout, la cuisine est délicieuse. Le service est rapide, les cheese naans y sont excellents, tout comme le reste de la carte. Ils proposent un menu naan + plat + dessert à un prix très correct (environ 20€ ils me semblent) et vous pouvez même prendre à emporter. 

Où ? 7 boulevard Carnot, Nice

♡ La Favola

Comment visiter Nice sans manger italien ? Pour le coup, ce restaurant est sur le cours Saleya, dans une zone très touristique, et il y a toujours énormément de monde... Mais on comprend pourquoi ! Le restaurant est grand, cela dit, et il y a une terrasse couverte pour manger dehors en tout temps. Ils ne prennent pas les réservations, mais avec un peu d'attente vous aurez une place à coup sûr. Ce restaurant de cuisine italienne est célèbre pour la qualité des plats servis... Mais surtout les quantités ! Les assiettes sont vraiment très garnies, et les desserts aussi... D'ailleurs, je conseille même aux plus affamés de prendre un dessert pour deux tant les portions sont grandes. Pizzas, pâtes, salades ou poissons, tout est exquis. 

Où ? 13 cours Saleya, Nice

♡ Lou Colonial

Situé en plein cœur du Vieux Nice, ce restaurant propose une « cuisine fusion franco-asiatique », selon leurs propres dires. La carte est vraiment fournie et originale, les prix varient entre une quinzaine et une trentaine d'euros, donc il y en a vraiment pour tous les goûts. Les assiettes sont bien servies, très copieuses, et le personnel absolument adorable. Ils y servent aussi bien des woks que des salades, des  grillades ou des paniers de légumes. Là aussi, tous les desserts sont faits maison. 

Où ? 5 place Saint-François, Nice

♡ Lou Pilha Leva

Je ne pouvais pas ne pas finir par une adresse où déguster de la cuisine typiquement niçoise. Ici, les tables sont dispatchées un peu partout sur la place et vous récupérez vos plats directement au comptoir. C'est vraiment pour manger sur le pouce, à des prix très abordables. La socca y est délicieuse, mais ils servent aussi des moules-frittes, des petits farcis niçois, de la pissaladière, de la pizza, des pan-bagnats etc. Je ne peux pourtant pas qualifier ça de sandwicherie tant ce qu'on y mange est varié, mais c'est un peu le concept. 

Où ? 10 rue du Collet, Nice




5 bonnes adresses pour manger à Nice