Diabète gestationnel


Comme je vous l'expliquais ici, j'ai pris du poids d'un coup lors de mon deuxième trimestre. Ma mère ayant fait du diabète gestationnel enceinte, et mon alimentation n'étant pas si déséquilibrée que ça, ma gynécologue a supposé que je faisais peut-être moi aussi du diabète gestationnel et qu'il fallait le vérifier. 

Diabète gestationnel, kézaco ?

Il s'agit d'un trouble de la tolérance au glucide, qui se déclare pour la première fois lors de la grossesse. Le pancréas ne parvient pas à fabriquer suffisamment d'insuline pour le bébé et pour la mère, et le sucre n'est plus assimilé correctement par l'organisme. Généralement, le diabète disparaît après l'accouchement. 

Les risques sont multiples, pour la mère comme pour l'enfant. Déjà, la prise de poids de la mère est forcément plus importante, mais ce n'est pas vraiment ce qui nous tracasse ici, il y a également des risques de pré-éclampsie. Mais le problème, c'est qu'il y a des risques que le bébé développe lui-même du diabète à la naissance si le diabète gestationnel n'est pas traité correctement. On parle également de risques de mort fœtale, ou de risque que le bébé soit trop gros pour un accouchement serein. En somme, que de motifs terriblement inquiétants !

Comment le dépister ?

Le dépistage ne se fait pas systématiquement, cela dépendra de vos antécédents et de votre médecin. S'il vous prescrit un test, il se fera généralement dans un laboratoire d'analyses. Le but est de provoquer volontairement une hyperglycémie, pour voir de quelle façon votre corps réagit à ce brusque apport en sucre, comment il l'assimile et comment il l'élimine. 

Pour ça, on m'a demandée d'arriver au laboratoire en étant à jeun depuis 12h, et on m'a fait une première prise de sang. Ensuite, j'ai du boire l'intégralité d'une boisson aromatisée à l'orange qui contenait 75g de glucose. Alors j'avais lu partout que c'était ignoble, et certes ce n'est pas très bon, et fort sucré... Mais ça ne m'a pas non plus fait vomir et je suis parvenue à la boire ! 

A ce stade, il faut attendre une heure dans la salle d'attente... Au bout de vingt minutes, j'ai commencé à me sentir assez mal. Nausées, vertiges, mal de crâne... Désagréable mais rien d'insurmontable, je n'ai pas vomi contrairement à ce que certaines ont pu connaître, et je ne suis pas non plus tombée dans les pommes. J'avais pris de quoi lire pour m'occuper mais je ne suis pas parvenue à lire sans me sentir mal. Le bébé, en revanche, a adoré, puisque le sucre lui a fait faire des saltos dans mon ventre pendant trente minutes non-stop ! Au bout d'une heure, on fait donc une seconde prise de sang. Ensuite, il faut patienter une heure encore, et faire la dernière prise de sang. En fonction des résultats pour les trois prises de sang, le médecin déterminera si vous faites ou non du diabète gestationnel. 


Mon histoire

Je n'avais pas la possibilité de faire le test tout de suite, à cause de mes horaires de travail, des horaires du labo, etc... Résultat, il s'est écoulé dix jours entre ma visite chez le médecin, et la prise de sang. Durant ces dix jours, la gynéco m'a conseillée de me comporter comme si les résultats étaient positifs, et j'ai donc du adopter les mêmes habitudes alimentaires qu'une femme qui ferait du diabète gestationnel. A grands renforts de bouquins et d'articles internet, j'ai commencé ma lente descente aux enfers.

Parce que non, il ne s'agit pas seulement d'éliminer les sucres rapides, biscuits et boissons sucrées... Ce serait bien trop simple ! Parce qu'une fois que les tests sont positifs, on vous fournit de quoi vous piquer tous les jours pour contrôler votre taux d'insuline. Sans ces outils, j'ai du me restreindre au maximum pour être sûre de ne pas faire d'écarts. Je sais que certaines femmes préfèrent faire comme si de rien était tant qu'elles n'ont pas les résultats, mais j'étais trop angoissée à l'idée de faire du mal à mon bébé et j'ai été très stricte, extrémiste comme toujours !

D'abord, j'ai du me demander ce que je pourrais manger au petit-déjeuner... Exit les céréales, les biscuits, ou même le pain avec de la confiture. J'ai remplacé tout ça par deux œufs, une tranche de pain complet nature et un verre de lait. Je ne pouvais même pas agrémenter le tout de miel, et honnêtement ça a été très compliqué à gérer. Comme je me lève à 6h du matin, impossible d'imaginer tenir jusqu'à midi avec seulement ce repas frugal. Donc je m'octroyais à 10h un yaourt nature sans sucres. Ce n'était pas bon, mais je m'y suis habituée assez vite.

Venait ensuite le temps du repas du midi. Des crudités en entrée, des protéines, des légumes à volonté et une petite portion de féculents pour ne pas les supprimer complètement. Mais pas de dessert, malheureusement, on oublie les délicieuses parts de brownies proposées par la cantine de mon entreprise. J'avais droit à une autre collation à 16h, et le soir je reproduisais le même schéma, les féculents en moins. 

L'épreuve a été très difficile pour moi parce que je me suis rendue compte qu'outre les aliments au goût sucré, qui me manquaient beaucoup, il fallait que je régule tous les féculents, les produits laitiers, etc.

Heureusement, les résultats du test sont arrivés, négatifs. Du coup, rien n'expliquait ma prise de poids fulgurante -sinon que je m'étais allègrement laissée aller- mais au moins je n'aurais pas à vivre le reste de ma grossesse dans l'angoisse ! 

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