Premier trimestre de grossesse

par - 05 mai


Qu'on y pense depuis longtemps ou non, la grossesse est une période de la vie qui est toujours un peu fantasmée. Avec Instagram, c'est encore pire. Avant de tomber enceinte, j'étais intimement convaincue que j'aurais une grossesse idyllique. Bien-sûr, j'aurais des nausées, et mal au dos, et je serais fatiguée, mais pour le reste tout se passerait à merveille. Je faisais du sport 1h par jour et j'étais persuadée que je pourrais continuer en ralentissant seulement un peu le rythme, je mangerais cinq fruits et légumes par jour, aurait une hygiène de vie saine, je prendrais 10kg grand maximum et tout serait absolument parfait.

Et bien les trois premiers mois m'ont fait déchanter très rapidement !

Tout d'abord, la fatigue. Intense, pernicieuse et constante. Dès le début de ma grossesse, j'ai été épuisée, réellement épuisée. Incapable de garder les yeux ouverts durant l'heure de route qui me menait chaque matin jusqu'au boulot, et seulement apte à me vautrer dans le lit dès la porte de la maison passée. En rentrant chaque soir, je me couchais jusqu'au repas, après lequel j'allais me rendormir aussitôt. Autant dire que la salle de sport ne m'a pas vue une seule fois durant ces trois mois qui m'ont paru interminables. 

Une chose à laquelle je ne m'attendais pas, ce sont les douleurs. J'ai eu les habituelles nausées -d'ailleurs celui qui les a qualifiées de matinales était un grand mythomane- mais personne ne m'avait parlé du reste. Les crampes. Similaires à des douleurs menstruelles, en plus violentes encore, en ce qui me concernent. Selon ma gynéco, c'étaient seulement les ligaments qui travaillaient, ce n'était rien de grave et surtout, il n'y avait rien à faire. Je me suis retrouvée plusieurs fois pliée en deux dans mon lit à pleurer pendant une heure parce que la douleur ne passait pas. 

Pour ce qui est de l'alimentation, les nausées m'ont également empêchée de manger ce que je voulais. Durant ces trois premiers mois, j'ai eu de furieuses envies de blanc de poulet -moi qui avais quasiment supprimé la viande de mon alimentation- et tout ce qui n'était pas des pâtes ou du riz me donnait immédiatement envie de vomir. Je mangeais en petites quantités, mais souvent, et donc forcément de manière pas très équilibrée puisqu'il aura fallu attendre le début du deuxième trimestre pour que je supporte à nouveau les fruits et légumes. 

Enfin, ce à quoi personne ne m'avait préparée, c'est la déprime. J'ai rapidement cru, après quelques semaines de cet état, que j'étais en pleine dépression prénatale. Je pleurais constamment, mon état de fatigue et les douleurs récurrentes étaient très difficiles à supporter pour moi, et j'étais surtout convaincue que ça n'en finirait jamais. Je ne voyais pas l'issue, tout le monde avait beau me répéter que ça ne durerait pas, je ne croyais personne et ça me rendait folle. 

En somme, outre la joie évidente d'être enceinte, j'ai plutôt mal vécu ce premier trimestre, et je crois que j'en ai beaucoup voulu aux réseaux sociaux et aux médias en général de nous faire croire que tout serait simple. 

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