Epi-no : l'appareil qui m'a évité l'épisiotomie


L'accouchement est quelque chose qui m'a toujours effrayée, pour de nombreuses raisons. Mais l'une de mes plus grandes craintes a toujours été l'épisiotomie, ou la déchirure. J'ai entendu trop de récits de ces aléas, dont la cicatrisation est souvent très douloureuse. Je crois que j'ai cristallisé toutes mes peurs concernant l'accouchement dans ces deux choses, à tel point que j'ai commencé très tôt dans ma grossesse à me renseigner sur les manières de les éviter. On parle beaucoup, sur internet, de massages du périnée, mais leur efficacité semble tout de même très aléatoire. Et puis un jour, au détour d'une émission des maternelles, j'ai entendu parler de l'appareil Epi-no Delphine Plus


En France, 30% des accouchements se terminent par une épisiotomie. C'est un chiffre absolument catastrophique en comparaison des taux qu'on peut avoir dans d'autres pays. L'épisiotomie est une intervention chirurgicale, qui consiste à couper les muscles superficiels du périnée pour faciliter le passage du bébé. Si elle est parfois indispensable, son utilisation en France est très controversée. Notamment parce qu'il semblerait qu'on en fasse beaucoup trop, quand il suffirait parfois de s'y prendre autrement. De plus, beaucoup de femmes parlent des problèmes rencontrés à la suite d'une épisiotomie ou d'une déchirure, par exemple la cicatrice qui resterait douloureuse même des mois après l'accouchement. 

Qu'est-ce que c'est ? 

L'Epi-no est un appareil qui a été conçu en Allemagne en collaboration avec des gynécologues, des sages-femmes, des physiothérapeutes et des femmes enceintes. Son but est de préparer le périnée afin de le préserver lors de l'accouchement. On peut également s'en servir après l'accouchement, pour la rééducation du périnée. La promesse de cet appareil ? « Objectif périnée intact ».

Il se présente sous la forme d'un ballonnet gonflable en silicone médical, relié à une pompe manuelle par un tube d'alimentation. Il y a également une valve qui permet de le dégonfler. Ma sage-femme trouve que ça ressemble à un appareil pour prendre la tension. Il y a d'ailleurs un indicateur de pression. 

S'il est très peu connu en France, il est en revanche très utilisé dans d'autres pays, notamment les pays nordiques et particulièrement en Allemagne où il a de très bons résultats. Chez nous les médecins sont un peu plus frileux, parce qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas le recul nécessaire sur les résultats réels. 

L'appareil est livré dans une boîte qui contient une petite pochette de rangement, un gabarit pour mesurer la taille du ballonnet et un livret d'utilisation vraiment très bien fourni. 

Comment ça marche ?

L'entraînement se fait en deux phases : 

❀ La première, à partir du sixième mois de grossesse, est la phase de préparation des muscles du plancher pelvien. En gros, une phase de musculation. Il faut introduire la moitié du ballonnet dans le vagin, et contracter les muscles tout en essayant de tirer le ballon vers le haut, pendant environ dix secondes. Ensuite, on relâche pendant dix autres secondes avant de recommencer. Ils recommandent de faire cet exercice pendant dix minutes, une à deux fois par semaine. 

❀ La seconde se fait à partir de six semaines avant la date prévue d'accouchement, il s'agit de la phase d'étirement du périnée. Et c'est celle qui nous intéresse réellement pour éviter l'épisiotomie. 

De la même façon, il faut introduire la moitié du ballonnet dans le vagin. Lorsque le ballon est dégonflé, il y a comme une ligne de démarcation en son centre, ce qui permet de visualiser le milieu assez facilement. Une fois le ballonnet inséré, il faut le gonfler à l'aide de la pompe manuelle. Le but est de le gonfler jusqu'au maximum de votre niveau de confort, que vous ressentirez par un léger picotement. Il ne faut surtout pas que ce soit douloureux ! Il faut conserver le ballon ainsi gonflé dans le vagin durant dix minutes. Une fois les dix minutes écoulées, il faut le laisser glisser lentement hors du vagin. 

Cette fois, sur les conseils de ma sage-femme, sache qu'il ne faut absolument pas pousser pour le faire sortir. Ce serait au contraire très traumatisant pour le périnée, le ballon doit vraiment glisser tout seul. C'est en réalité bien plus facile que je ne le pensais, le ballonnet a tendance à glisser naturellement, et je dois personnellement le tenir avec la main durant les dix minutes pour éviter qu'il ne ressorte. Donc lorsque j'enlève ma main, il glisse naturellement, lentement. La phase d'expulsion ne doit pas non plus être douloureuse, au contraire si tu sens que ça l'est, alors dégonfle légèrement le ballon à l'aide de la valve avant de le retirer. 

Le but est d'augmenter graduellement la taille du ballon d'une séance à l'autre. On peut ensuite mesurer la progression grâce au gabarit qui est fourni. J'ai pour ma part commencé par exemple à 3,5cm de diamètre, et j'étais arrivée à 5cm au bout d'une semaine. Au fur et à mesure des séances, le niveau de confort augmente, et donc tu pourras naturellement gonfler le ballon un peu plus que la fois précédente. De la même façon, la phase d'expulsion est de plus en plus facile. On peut réaliser cet exercice jusqu'à deux fois par jour, maximum 20 minutes au total sur la journée. 

La régularité est vraiment très importante, même si parfois la progression peut stagner -les premiers centimètres sont plus faciles que les derniers-, si on passe toute une semaine sans s'entraîner, on aura inévitablement perdu quelques centimètres. Le but est d'atteindre, idéalement, les 10cm de diamètre qui correspondent à la dilatation totale lors de l'accouchement. Quoiqu'il en soit, ça ne doit jamais être douloureux.

J'ai personnellement demandé conseil à ma sage-femme avant de l'utiliser, et elle m'a assuré que s'il n'y avait pas de problèmes particuliers (col mou, col raccourci, risque d'accouchement prématuré) il n'y a aucun risque que ce soit nocif. Au pire, ce sera moins utile que ce qu'on espérait, mais certainement pas dangereux pour le bébé ni pour le périnée tant qu'on fait les choses correctement. Il ne faut surtout pas que l'exercice soit douloureux, à aucun moment, et encore une fois ne surtout pas essayer de pousser pour expulser le ballon, comme pour se préparer à l'accouchement. 

Personnellement, je l'ai utilisé avec un peu de lubrifiant à base d'eau, ça rendait la pénétration beaucoup plus facile. 

Mon avis

Au départ, j'ai été un peu réfractaire, parce qu'il faut dire que l'appareil n'est pas donné. Tu peux le commander sur le site de Mum to be Party, ou bien directement sur le site d'epi-no, pour 130€. Ton médecin peut aussi te faire une ordonnance, auquel cas la Sécu rembourse environ 25€ sur le prix total, ce qui n'est pas énorme. Cela dit vu les résultats très concluants dans les autres pays, et même en France pour les rares personnes qui ont témoigné, je me suis dit que mon périnée valait bien 130€. Si ça peut m'éviter toutes les complications liées à une déchirure ou une épisiotomie... 

Ensuite, je l'ai trouvé vraiment facile d'utilisation. Sur le site Mum to be Party, il y a une notice explicative très bien faite, mais le livret qui est fourni dans la boîte est encore plus complet. Si on n'essaie pas d'aller trop vite, ce n'est absolument pas douloureux, seulement légèrement inconfortable lorsqu'on gonfle le ballon, ce qui est le but après tout. Il est également facile d'entretien, il suffit de le nettoyer après utilisation à l'eau chaude avec du savon intime au PH neutre. 

Mais surtout ça m'a donné l'impression de pouvoir faire quelque chose de réellement utile pour me préparer à l'accouchement. Tous les témoignages sont vraiment très encourageants, et les femmes qui l'utilisent ont très souvent un périnée plus tonique que la moyenne après l'accouchement. Ça signifie que la rééducation du périnée post-partum est grandement facilitée. 

Mon expérience

Mon fils s'est fait attendre, et il a fallu déclencher l'accouchement. On nous le dit souvent, ça donne des accouchements plus longs, et généralement un peu plus compliqués. En plus, vu la façon dont ma peau avait réagi à la grossesse, avec les vergetures notamment, mon obstétricienne était persuadée qu'il faudrait quelques points, d'autant que c'était une première grossesse. 

Et bien pourtant, malgré le gabarit de mon bébé qui n'est pas une crevette puisqu'il pesait 3,5kg à la naissance, je n'ai pas eu le moindre point de suture. Périnée intact à l'accouchement, aucun instrument n'a été utilisé pour faire sortir bébé, pas de déchirure, rien du tout. La sage-femme qui m'a examinée quelques heures après m'a dit qu'on aurait dit que je ne venais pas d'accoucher. Autant dire que le bonheur de pouvoir se lever, s'asseoir et aller aux toilettes sans douleur -ou presque- après l'accouchement valait amplement la somme dépensée pour cet appareil !




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